La honte

Je crois l'avoir déjà dit, je travaille dans un monde d'hommes. En plus, je suis la seule fille de mon département. Mon employeur est une compagnie qui distribue des produits de contrôle de moteurs. Transformateurs, relais, fusibles, disjoncteurs font partie de mon quotidien.

De temps en temps, nous avons des fournisseurs qui nous offrent ce que nous appelons communément un "lunch & learn" où si vous préférez, un dîner connaissance. Un gentil représentant nous fait la promotion des nouveaux produits disponibles tandis que nous faisons honneur à la pizza ou au poulet gracieusement payé par le compte de dépenses du gentil représentant.

Aujourd'hui avait lieu une de ces formations. Alors que le gentil représentant déballait sa salade, il me regarde et me demande devant tous mes collègues :

- Valérie, est-ce que tu comprends ce que j'explique ?

J'ai alors senti le regard de tous mes collègues se poser sur moi avec une moue de pitié qui voulait probablement dire : pauvre cocotte, elle est sûrement trop épaisse pour comprendre. Sans oublier qu'ils ont dû se demander au même moment "comment se fait-il qu'elle a un travail ici et qu'en plus, on lui confie des clients très important ?"

Entre vous et moi, je ne pigeais rien à ce qu'il racontait mais jamais je ne l'aurais avoué devant mes collègues masculins. J'ai tout de même un certain orgueil, mal placé peut-être mais bien ancré dans ma personnalité.

Étrangement, il n'a pas posé la même question au petit dernier, embauché il y a à peine 1 an et qui devait comprendre encore moins que moi ce qui se disait.

Comme je connais le gentil représentant depuis quelques années, je sais que sa question n'était pas méchante ni une tentative subtile de me faire passer pour la gourde de la compagnie. Malgré cela, je n'ai pu m'empêcher de me sentir blessée et humiliée par sa question. J'ai eu le "motton" pendant une bonne partie de l'après-midi mais heureusement, un de mes collègues avait décelé mon malaise et il s'est chargé de me faire rire afin de me changer les idées. Merci Manu !

Il y a des moments comme ça où je me demande si je ne devrais pas laisser tomber les fusibles pour plutôt aller vendre des ombres à paupières et du gloss.

Mea culpa

Hier matin, j'ai abordé le sujet de mon problème de covoiturage avec un autre collègue de travail, David. Même s'il s'entend bien avec Mélanie, je savais que je pouvais lui faire confiance et de plus, j'avais besoin de me vider le coeur.

Il m'a parlé de sa propre expérience de covoiturage alors qu'il travaillait ailleurs. Il voyageait avec deux collègues de travail qui le mettaient en retard à tous les matins. Étant donné que les trois habitaient à environ 5 minutes de distance les uns des autres, le kilométrage parcouru n'expliquait pas les retards. Un beau matin, son patron lui a fait des remontrances à ce sujet en lui demandant d'être plus ponctuel. Il a eu comme réflexe de cesser le covoiturage et il a dit à son patron : sois attentif maintenant que Isabelle et Eugénie ( mettons qu'elles s'appellent ainsi ) ne voyagent plus avec moi et tu verras qui parmi nous trois sera à l'heure. Résultat ? David était à l'heure à tous les jours alors que les deux filles ont continués d'arriver en retard.

Et c'est là qu'il m'a dit quelque chose qui m'a bouleversé :

"Crois-tu que Mélanie arrive délibérément à l'heure maintenant que vous ne voyagez plus ensemble ( et que tout le monde le sait ) pour te faire subtilement passer sur le dos tous ces retards ?"

Je dois avouer que cette idée monstrueuse ne m'avait pas traversé l'esprit mais plus j'y pensais et plus je trouvais que ça avait du bon sens. Je trouvais louche qu'elle arrive soudainement à l'heure mais de là à l'imaginer que c'était dans le but de me faire passer pour la fautive, c'était plus que tout ce que j'aurais pu imaginer, même avec toute la méchanceté dont je peux être capable quand je le veux.

J'y ai pensé toute la journée au point où ça m'a donné mal à la tête. À un certain moment, David a même regretté de m'avoir fait part de son opinion car il voyait que ça m'avait affecté plus qu'il ne l'aurait pensé.

À l'heure du dîner, je me suis retrouvée devant Mélanie comme c'est le cas depuis le début. Notre embauche s'est faite à quelques jours d'intervalle et ça a cliqué très rapidement entre nous, au point où plusieurs personnes ont longtemps pensé que nous nous connaissions avant d'obtenir nos emplois respectifs. Il n'en était rien.

Alors que je mangeais mon lunch et elle le sien, je l'observais tout en me disant intérieurement : voyons Mélanie, je croyais que nous étions amies ! Je peux pas croire que tu me fais vraiment ça !

J'ai continué à penser à cette théorie tout au long de la soirée au point où je me disais que je n'arriverais pas à trouver le sommeil tellement mon cerveau était en ébullition. Heureusement, Morphée n'était pas bien loin et c'est avec plaisir que j'ai cédé à ses bras ;-)

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Ce matin, alors que j'étais avec André dans sa voiture, en route pour Montréal, nous écoutions la radio. Le chroniqueur circulation de la station 98.5 FM a parlé de l'autoroute 13. J'étais toute ouïe et c'est là que je l'ai entendu dire : les automobilistes qui empruntent l'autoroute 13 jubilent depuis une semaine car les travaux sont terminés. Finis les bouchons et les retards ...

Après ma montée de lait dans mon texte précédent, je me devais de faire le point. Voilà donc mon mea culpa.

Je me sens honteuse d'avoir douté de Mélanie qui n'est pas seulement une collègue de travail mais aussi une amie. Je suppose que je viens d'échouer lamentablement le test de l'amitié sincère car une vraie amie n'aurait pas douté comme je l'ai fait.

Allez-y, vous pouvez me jeter des roches ...

Boulot, voisinage et frustration

Peu de gens de mon entourage sont au courant de l'existence de ce blogue. En fait, à part mon amoureux et les quelques blogueuses que je connais dans la vraie vie, personne ne sait que je livre ici mes états d'âme, que ce soit les gens de ma famille ou mes collègues de travail.

Si au tout début le fait de ne pas en parler était surtout motivé par la gêne, je dois dire que lorsque j'ai envie de me vider le coeur à propos d'une situation qui me frustre ou par rapport à quelqu'un qui me tape royalement sur le gros nerf, je suis bien contente du cachet "incognito" de mon blogue.

Depuis une semaine, j'ai le privilège ( si on peut appeler ça ainsi ) d'avoir la clé ainsi que le code du système d'alarme de l'entreprise où je travaille. Voici donc la petite histoire du pourquoi du comment on m'a accordé cette faveur ...

Comme je n'ai pas d'automobile et encore moins de permis de conduire, je fais du co-voiturage avec ma voisine Mélanie, qui est aussi une collègue de travail.

Lorsque j'ai déménagé ici, à Mirabel, elle m'avait dit qu'elle quittait la maison à 6h15 et j'en ai pris bonne note. Le premier matin, elle a cogné chez moi à 6h08 alors que j'étais en train de m'habiller. Après m'être confondue en excuses ( malgré le fait que je n'étais techniquement pas en retard ) je me suis promis que ça n'arriverait plus.

J'habite ici depuis 6 mois maintenant et je dois me rendre à l'évidence : la ponctualité n'est vraiment pas sa plus grande qualité ! Si le premier matin elle trépignait d'impatience devant ma porte presque 10 minutes avant l'heure convenue, aujourd'hui, c'est à mon tour de taper du pied car nous quittons rarement avant 6h20 et parfois, elle étire ça jusqu'à 6h25 et même 6h30. Est-ce la faute de ces ébats sexuels matinaux ? Plusieurs fois par semaine, elle me dit très fièrement qu'elle a réveillé son amoureux pour faire l'amour. Je n'ai rien contre les gens qui ont une sexualité épanouie ( après tout c'est très important ) mais je ne peux m'empêcher d'en arriver à l'équation suivante : baise le matin = retard.

En combinant un départ de plus en plus tardif de la maison aux travaux en cours sur l'autoroute 13, sans oublier le détour que l'on fait pour aller reconduire Juliette, la fille de Mélanie, à sa garderie à Sainte-Marthe-sur-le-Lac ainsi que l'arrêt quasi obligatoire au Tim Horton pour que Juliette puisse boire un chocolat chaud, vous ne serez sûrement pas étonnés si je vous dis que nous arrivons en retard à tous les matins ou presque.

Lorsque j'ai vu cela, j'ai demandé à André si je pouvais voyager avec lui, du moins le matin. Même si cela signifiait partir de la maison à 5h30 ... qu'est-ce qu'une fille ne ferait pas pour éviter les foudres de son patron ?

D'ailleurs, mon superviseur m'avait fait la remarque plus ou moins subtile que je savais dans quoi je m'embarquais en déménageant si loin et que mes retards ne seraient pas tolérés bien longtemps par la haute direction. Pour ne pas mettre Mélanie dans le trouble, j'ai volontairement omis de lui mentionner que cette dernière était probablement la principale cause de nos retards.

Pendant quelques semaines, j'ai quitté la maison à 5h30, j'ai recommencé à prendre l'autobus et j'ai poireauté devant la porte de la compagnie pendant en moyenne 30 minutes chaque matins. À ce moment là, je n'avais pas la clé ni le code pour le système d'alarme et je devais donc attendre que la première employée possédant ces deux choses arrive.

Étrangement, les retards de Mélanie ont à peu près cessés ; elle arrivait soit à l'heure où même en avance. Je savais qu'en raison des travaux sur l'autoroute 13 qui lui rendaient la vie impossible, elle avait plus ou moins menacé de quitter la compagnie pour se trouver un emploi plus proche de chez elle. Comme elle est une bonne employée, la direction a préféré lui offrir un arrangement plutôt que de la perdre.

J'ai été voir mon patron pour lui faire part de la situation. Même si j'étais parfaitement au courant de l'entente dont Mélanie bénéficiait et que logiquement, j'aurais dû en profiter moi aussi, je n'en ai pas parlé. Je lui ai demandé une clé et un code pour le système d'alarme. C'est mon patron qui a abordé le sujet et qui m'a dit : si c'est bon pour Mélanie, je ne vois pas pourquoi ça ne le serait pas pour toi.

L'entente en question était la suivante : au lieu de voir notre paye amputée de plusieurs minutes ( voire quelques heures ) à toutes les semaines, nos retards seraient cumulés dans un registre et à la fin des travaux sur l'autoroute 13, qui étaient prévus pour la fin du mois d'octobre, nous commencerions à rembourser la somme dûe.

Oh surprise ! L'échéancier n'a pas été respecté et aux dernières nouvelles, les travaux prendront fin à la mi-décembre, juste à temps pour le congé des Fêtes.

Notre patron n'a pas voulu extensionner l'entente mais a par contre effacé notre "dette" envers l'entreprise. Dans mon cas, ça représentait un total de 2h30. Je comprends qu'arriver en retard au boulot n'est pas l'attitude la plus professionnelle qui soit mais une fois prise dans la circulation, il n'y a malheureusement pas grand chose que je puisse faire. Si en plus on considère que depuis deux mois, nous dépassons le budget de ventes de presque 100 000 $, on s'entend que ce n'est pas un petit 15 minutes par jour qui fait une grosse différence dans les finances de la compagnie.

J'ai donc demandé à nouveau la clé ainsi que le code pour le système d'alarme et cette fois-ci, je l'ai eu. Je co-voiture avec André le matin et avec Mélanie le soir. J'arrive à 6h30 à tous les matins alors que mon horaire est de 7h30 @ 16h30.

Encore une fois, les retards de Mélanie ont cessés. Depuis que j'ai la clé, elle arrive en avance où pile à l'heure. Je ne suis pas très confortable avec l'idée mais je me demande si elle ne le fait pas volontairement ... Avouez que c'est louche, non ? Où bien c'est ma présence qui lui porte malheur ?

Je ne regrette pas mon déménagement parce que j'adore mon petit coin tranquille mais je me rends compte que vivre hors de la grande ville lorsqu'on ne possède ni permis de conduire ni véhicule signifie être dépendante de quelqu'un pour bien des choses.

Joyeuse Halloween

Merci à Cynthia qui m'a donné l'idée de faire une mosaïque pour souligner la fête de l'Halloween. D'ailleurs, j'aime tellement le concept que je crois que ce sera une activité récurrente sur mon blogue ; pour chaque anniversaire, je me ferai un plaisir de sélectionner des photos qui m'inspirent particulièrement.


Provenance des photos :

1. Happy Halloween!, 2. happy halloween:), 3. Halloween 2005, 4. Halloween Invitation - Photoshop Work, 5. Nightmare Before Christmas-Halloween, 6. Halloween Hat Swap, 7. Is It Halloween Time??, 8. This is Halloween, 9. Happy Halloween!!, 10. The Haunting for Halloween, 11. Have yourself a spookylicious Halloween, 12. Zombie Bride Halloween Costume

Qui dit Halloween dit aussi costume et maquillage ... Je fais partie de ceux qui ont revêtus un déguisement pour passer la journée au boulot. Comme je n'ai aucun orgueuil ou tout simplement parce que je veux vous faire sourire, voici une photo prise sur le vif hier matin :


Avec mon pyjama, mon animal en peluche dans les bras, ma sucette, mes fausses taches de rousseur et mes joues rouges vous aurez sans doute deviné que j'étais déguisée en bébé. Par contre, mon casque d'écoute et ma bibliothèque remplie de catalogues enlèvent peut-être un peu de réalisme au personnage ;-)

J'aurais voulu donner des bonbons aux enfants mais mon aller-retour à Québec jeudi ( qui n'était absolument pas prévu ) a quelque peu contrecarré mes plans. D'ailleurs, j'ai acheté mon "costume" au Wal-Mart de Drummondville jeudi soir, vers 20h ! Ça m'a consolé de voir que je n'étais pas la seule personne à la dernière minute car le département des trucs d'Halloween fourmillait de gens à la recherche du costume idéal.

L'année prochaine, je me promets de m'y prendre à l'avance, parole d'ivrogne ... euh, parole de procrastinatrice ;-)

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